Les atolls d'Ouvéa et Beautemps-Beaupré

bandeau

Sur le site d'Ouvéa-Beautemps-Beaupré, le projet INTEGRE s'attache à répondre aux principaux enjeux du site : la préservation et la valorisation du patrimoine naturel exceptionnel d'Ouvéa, la valorisation des spécificités culturelles dans la gestion environnementale du site, la dynamisation du processus de co-gestion du site et la mobilisation des acteurs locaux ;

Le projet INTEGRE vise donc :

  1. La dynamisation du processus de gestion participative du site et la mobilisation des acteurs locaux pour les rendre acteurs de la préservation de leur patrimoine ;
  2. La maîtrise de menaces pouvant impacter le site (érosion, espèces envahissantes ...) ;
  3. La valorisation du patrimoine naturel et culturel d'Ouvéa au profit de ses habitants, notamment par le développement d'un pôle écotouristique sur le district de Mouli.

 

Les deux atolls océaniques d'Ouvéa et de Beautemps-Beaupré, retenus comme site pilote du projet INTEGRE pour la province des îles Loyautés font, dans leur intégralité, partie du bien en série inscrit au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO (zone tampon comprise) et couvrent une superficie de 137 000ha dont 14 400ha pour la partie terrestre.

                                        carte ouvea

Ce territoire est reconnu pour sa grande richesse écologique marine et la présence des seules mangroves des îles loyautés. Son isolement géographique et la variété des habitats marins et côtiers offrent un contexte favorable à la reproduction et la croissance de nombreuses espèces emblématiques ou en danger comme les oiseaux marins, les tortues ou encore les requins. Il est également exempt de gratte (ciguatera). Sur la partie terrestre, on trouve une forêt primaire bien conservée abritant des espèces telles que la perruche d'Ouvéa (endémique de l'île), le Bulime, les Roussettes, les crabes de cocotier. A noter que l'île est exempte de rat noir (Rattus rattus).

L'île d'Ouvéa (132km², point culminant à 46m) accueille une population d'environ 3 400 habitants répartis dans les 20 tribus des cinq districts coutumiers de l'île. Il n'existe pas de centre urbain. Le foncier, comme sur toute la province des îles, est composé exclusivement de terres coutumières.

Ouvéa présente une économie principalement basée sur le tourisme et la pêche :

  •  Loin du tourisme de masse, ce secteur s'appuie sur quelques hébergements : un grand hôtel et des petites structures d'accueils en tribu. Ouvéa a cessé d'accueillir des croisiéristes en 2007, après constatation des dégâts occasionnés sur les récifs par les ancres des navires de croisière et le risque important que cela représente pour le développement de la gratte sur l'île. Le potentiel de développement reste important ;
  • La pêche est organisée autour d'un syndicat des pêcheurs (une quinzaine de licences professionnelles). La filière est en structuration autour d'une unité de conditionnement des produits de la mer à Takedji (Nord de l'île) ;
  • Autres filières de valorisation économique : le santal, le coprah avec une huilerie et la savonnerie de Wadrilla et des vanilleraies.

Les principales pressions et enjeux identifiés sur la biodiversité et les ressources sont :

  • L'érosion du littoral due au changement climatique et/ou aux prélèvements de matériaux naturels (sable, débris coralliens, catcha) pour la construction ;
  • Les espèces envahissantes. Un des enjeux fort est celui de la biosécurité permettant d'éviter l'introduction de rat noir ou de la fourmi électrique dont l'arrivée sur l'île pourrait avoir des conséquences majeures sur la biodiversité et l'économie de l'île ainsi qu'un impact sanitaire important. L'association locale ASBO travaille sur ce sujet ;
  • La surexploitation localisée de ressources vivrières et des pratiques de pêches inadaptées (poissons et invertébrés). A noter qu'il n'y a pas d'aire marine protégée provinciale pour l'instant sur le site mais 8 réserves coutumières traditionnelles ont été recensées ;
  • La gestion des déchets, avec notamment un besoin de sensibilisation de la population aux bonnes pratiques ;
  • La déforestation et la dégradation des habitats forestiers et un manque criant de moyen pour l'intervention contre les feux ;
  • Eutrophisation : des problèmes de prolifération algale et de développement de cyanobactéries sont couramment observés.

En matière de gouvernance et de gestion du site, on peut souligner qu'en parallèle à l'inscription du site au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO, un processus de gestion commune et partagée du patrimoine naturel et culturel d'Ouvéa est mis en place par les 5 chefferies de l'île, la province des îles Loyauté et la mairie d'Ouvéa. En 2009, un comité de cogestion est créé, suivi en 2011 par un GDPL à vocation environnementale « BOMENE TAPU » (l'île défendue).

Le GDPL compte 34 membres issus des 20 tribus de l'île. Sa vocation est de « mettre en valeur et sauvegarder les pratiques relevant de la gestion traditionnelle des ressources naturelles de l'île d'Ouvéa et des atolls de Beautemps-Beaupré en ce qu'elles constituent des modes de protection et de conservation durables des ressources naturelles dans l'intérêt des populations actuelles et à venir ». La collaboration mise en place entre les services provinciaux et le GDPL reconnaît officiellement la légitimité des autorités coutumières à intervenir dans le cadre de la gestion patrimoniale.

Cette co-gestion s'appuie sur des groupes techniques auxquels sont associés l'ensemble des acteurs concernés (« pêche professionnelle », « développement touristique », « science et  environnement », « patrimoine culturel et historique », « Education et formation »). Ils sont chargés de mettre en œuvre les actions du plan de gestion par le biais des acteurs présents sur place ou en faisant appel à des compétences extérieures avec un objectif d'autonomisation.

L'ensemble du dispositif, qui est toujours en phase de démarrage, est piloté par le service de l'environnement de la province des îles Loyauté. Le plan de gestion est finalisé et validé. Il court sur 5 ans (2012 – 2017) avec un réajustement annuel des actions à mener.

D'autres initiatives sont en cours tels un schéma provincial des carrières, le Code de l'environnement provincial en cours de finalisation, avec notamment la création d'un statut d'aire protégée : la réserve naturelle coutumière. Un projet de mise en place d'une nouvelle déchetterie respectant des critères environnementaux stricts et la révision du schéma directeur de la gestion des déchets des îles loyautés est également mené par la province des îles.

 

5 grandes activités sont prévues :

Activité 1 : Renforcer la gouvernance et la gestion participative des lagons d'Ouvéa-Beautemps-Beaupré

Cette activité permettra de doter le GDPL d’un animateur pour lui donner les moyens humains de remplir son rôle de co-gestionnaire du site d’Ouvéa Beautemps-Beaupré, de mettre en place une mission de surveillance du lagon mixte province des îles-pêcheurs professionnels et de renforcer le suivi participatif des récifs.

Montant prévisionnel : 29.5Mxpf / 247 210 €

Opérateurs : PIL / GDPL bomene Tapu/ syndicat des pêcheurs

Pour plus de détails : voir la fiche activité

Activité 2 : Structurer un pôle de développement éco-touristique dans le district de Muli

Il s’agit de réaliser divers aménagements (sentier de découverte, aire de pique-nique, sentier sous-marin, panneaux…) pour mettre en valeur le patrimoine naturel et culturel du sud d’Ouvéa et faciliter le développement touristique du district.

Montant prévisionnel : 20Mxpf / 167 600 €

Opérateurs : PIL / GDPL bomene Tapu/ syndicat des pêcheurs

Pour plus de détaisl : voir la fiche activité

Activité 3 : Gestion de la réserve coutumière de Lekiny-Fayava (district de Muli)

Cette réserve coutumière va être transcrite dans le code de l’environnement de la province des îles lors de sa parution fin 2014. Cette réserve sera un site pilote pour la mise en place des dispositions nouvellement prévues dans le code : mise en place de comités de gestion locaux et élaboration d’un plan de gestion. De plus, des études seront menées pour caractériser l’érosion et améliorer un aménagement impactant les zones d’arrière-mangrove.

Montant prévisionnel : 7Mxpf / 58 660 €

Opérateurs : PIL / GDPL Bomene Tapu/tribu de Lekiny/UNC / MNHN

Pour plus de détail : voir la fiche activité

Activité 4 : Lutter contre les espèces envahissantes

Deux activités sont prévues : la dératisation d’un îlot test pour la protection des colonies d’oiseaux marins et une mission d’expertise internationale pour renforcer la biosécurité de l’île d’Ouvéa face au rat noir dont l’île est exempte aujourd’hui.

Montant prévisionnel : 7Mxpf / 58 660 €

Opérateurs : ASBO / PIL / GDPL Bomene Tapu

Pour plus de détail : voir la fiche activité

Activité 5 : Sensibiliser et communiquer

Il s’agira d’une part de créer un fond d’outils pédagogiques pour la sensibilisation de la population à la protection du lagon, en collectant les outils existant sur le territoire et en en créant de nouveaux. D’autre part, des projets scolaires autour de la protection du lagon seront organisés.

Montant prévisionnel : 4.5Mxpf / 37710 €

Opérateurs : PIL / GDPL Bomene Tapu/GIE / écoles et collèges

Pour plus de détail : voir la fiche activité

Montant total du projet : 68 Mxpf / 569 840€

 

Les activités du projet sont en cours de lancement :

  • Activité 1 "renforcer la gouvernance et la gestion participative" : Le recrutement de l'animateur pour le GDPL Bomene Tapu est en cours ;
  • Activité 2 "Structurer un pôle de développement écotouristique" : l'activité sera lancée après l'arrivée de l'animateur du GDPL ;
  • Activité 3 "Gestion de la réserve coutumière de Lekiny-Fayava" : le travail de terrain de la thèse de Matthieu Leduff de l'Université de Nouvelle-Calédonie a démarré par une première mission de présentation, de prise de contact avec les acteurs locaux et de visite de terrain ; 
  • Activité 4 "Lutter contre les espèces envahissantes" : l'ASBO a organisé une première mission d'évaluation des populations d'oiseaux et de rats début novembre sur Beautemps-Beaupré ;
  • Activité 5 "Sensibiliser et communiquer": l'activité sera lancée après l'arrivée de l'animateur du GDPL.

 

initiative des territoires du pacifique sud pour la gestion régionale de l’environnement

2014 © CPS - Réalisation Skazy : sites internet en Nouvelle-Calédonie