La presqu'île de Tahiti

Teahupoo Presquîle de Tahiti 20560

Le site pilote de la presqu’île de Tahiti héberge des paysages naturels classés et des sites archéologiques remarquablement conservés, mais les équilibres terrestres et lagonaires sont menacés par l’urbanisation, la pollution et le développement d’activités agricoles et aquacoles en plein essor. INTEGRE est venu en appui des politiques publiques engagées ces dernières années pour contribuer à la gestion durable et intégrée des ressources naturelles et culturelles de la presqu’île.

Le projet INTEGRE s’est inscrit dans la dynamique de réseau et de concertation multi-acteurs. Il visait à appuyer une gestion et un développement durables des activités côtières et lagonaires d’un site qui connaît des pressions croissantes.

Un atelier régional à visée méthodologique a été réalisé en février 2014 à Nouméa avec les principaux acteurs institutionnels du projet. Une analyse AFOM (Atouts, Faiblesses, Opportunités, Menaces) a été réalisée comme outil de prédiagnostic, elle a été complétée lors de la 1re réunion du comité local du site le mois suivant.

Cette analyse a contribué à mieux définir la stratégie du projet et à mettre en cohérence les actions. L’enjeu majeur était de gérer durablement les ressources naturelles et culturelles de la presqu’île. Ainsi, les objectifs retenus spécifiquement pour le projet de ce site ont été les suivants :

  • Diminuer l’impact environnemental des pressions d’origine anthropiques, notamment les pollutions terrigènes liées aux activités agricoles et aquacoles ;
  • Mettre en place des mesures de gestion des ressources naturelles et culturelles et d’une gouvernance adaptée à l’échelle du site.
  • Contribuer au développement d’activités économiques durables

 

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Géographie :

A 50 km au sud-est de la capitale Papeete s’ouvre la presqu’île de Tahiti aussi dénommée Tahiti Iti (le petit Tahiti). Elle est reliée à Tahiti par l’isthme de Taravao et sa ville éponyme. La presqu’île est parcourue de paysages très divers, souvent spectaculaires et encore préservés, allants du vaste plateau agricole de Taravao qui ressemble aux plaines normandes, jusqu’aux pics abrupts et aux vertes vallées encaissées à l’intérieur des terres. Le sommet, le mont Roniu, culmine à 1 332 m. De part et d’autre de Taravao, à une vingtaine de kilomètres, l’urbanisation décroît pour laisser la place à des régions plus sauvages essentiellement accessibles par voie maritime. La presqu’île de Tahiti est peuplée par 18 545 habitants.

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Economie : 

L’économie de Tahiti Iti est diversifiée. Le plateau fertile de Taravao est le coeur d’une agriculture productive où se côtoient des élevages de poules pondeuses et de porcs, des troupeaux de vaches laitières (qui produisent le lait frais « Vai Ora » commercialisé localement), des cultures maraîchères ou encore horticoles. La presqu’île héberge également un pôle d’activités aquacoles centré autour des innovations et transferts de l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer) et du Centre technique aquacole (CTA). Le port de Taravao abrite également une zone industrielle (usine de production de jus de noni, constructions maritimes…). Dans les sites moins urbanisés, ce sont les activités touristiques gérées familialement qui dominent et ravissent les amateurs de randonnées, de plongée et de surf. La vague mythique de Teahupoo, spot de surf mondialement connu, en est le fer de lance.

Pêche Teahupoo

Biodiversité et Pressions environnementales :

Au niveau marin, la presqu’île de Taiarapu héberge un lagon classique d’îles hautes avec des récifs-barrières et des récifs frangeants bien développés. Tahiti Iti est un des rares endroits de la Polynésie française où l’on trouve des gorgones. La présence de hauts fonds marins, au nord de Taravao et Pari, ainsi que celle de lagunes d’eaux saumâtres à proximité de l’isthme de Taravao, viennent diversifier et enrichir les rangs de ces habitats naturels remarquables.

À la pointe orientale de la presqu’île, le site Te Pari est un des neuf paysages naturels classés en Polynésie française en raison de son intérêt culturel et archéologique (marae, pétroglyphes, lieux légendaires). La cascade du Vahi et la grotte de Vaipoiri sont également des sites protégés. Plusieurs menaces compromettent l’intégrité de ce patrimoine exceptionnel : une gestion insuffisante des activités en oeuvre sur les bassins versants, notamment l’usage de pesticides par l’agriculture, une urbanisation croissante à partir du centre urbain de Taravao ou la surexploitation des ressources lagonaires.

News 10 Un Puna ou pierre à thon

Dispositifs locaux :

Ces dernières années, plusieurs programmes bénéficiant de financements ciblés ont permis d’élaborer des plans de gestion afin de tendre vers un objectif commun de réduction des impacts environnementaux et de préservation des milieux naturels. Ils sont résumés ci-dessous :

  • Une aire protégée de ressources naturelles gérées, catégorie VI du code de l'environnement, a été mise en place en 2014 à la demande des habitants de Teahupoo. Elle est plus connue sous l'appellation "rahui de Teahupoo". Un comité de gestion a été mis en place
  • Le volet GERSA du projet CRISP (Coral Reef Initiative for South Pacific) de l’IRD a permis d’évaluer le risque d’érosion (par classification du couvert végétal) et de faire un état des lieux de l’utilisation des engrais et pesticides
  • Un plan général d’aménagement (PGA) est en cours d’élaboration sur la commune de Taiarapu-ouest
  • Le programme de recherche « Rahui », qui s’est déroulé entre 2008 et 2011, a produit des connaissances préalables à la création du rahui de Teahupoo. Il s’agissait d’une part d’analyser et comprendre les modalités de gestion des ressources naturelles terrestres et lagonaires dans un contexte de pluralisme culturel et juridique en Polynésie française. D’autre part, il s’agissait de proposer des analyses prospectives qui permettent de concilier durabilité de la gestion des ressources et respect des identités culturelles

Un atelier régional à visée méthodologique a été réalisé en février 2014 à Nouméa avec les principaux acteurs institutionnels du projet. Une analyse AFOM (Atouts, Faiblesses, Opportunités, Menaces) a été réalisée comme outil de prédiagnostic, elle a été complétée lors de la 1re réunion du comité local du site le mois suivant.

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Pour atteindre ces objectifs, un plan d’action a été construit et se déclinait en trois groupes d’activités :

Activité 1. Contribuer à la réduction des impacts environnementaux

INTEGRE a soutenu le projet suivant :

  • Mise en place d’outils pour développer l’agriculture biologique et gérer correctement les déchets agricoles.

Montant prévisionnel : 10 Mxpf / 84 000 €

Opérateur : Association Biomarama.

Pour plus de détails, consulter la fiche activité

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Activité 2. Mettre en place des mesures de gestion des ressources naturelles et culturelles

INTEGRE a soutenu les projets suivants :

  • Mise en place de la gestion de l’aire protégée des ressources naturelles (Rahui) au Fenua Aihere.
  • Gestion de la fréquentation de la rivière Aoma.
  • Préservation et valorisation des sites archéologiques du bassin versant de l’aire protégée de Maraetiria à Faaroa - Fenua Aihere.

Montant prévisionnel : 10 Mxpf / 84 000 €

Opérateurs : DIREN / Commune de Tairapu-Ouest / Service de la culture et du patrimoine

Pour plus de détails, consulter les fiches activités : 

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Activité 3. Contribuer au développement d'activités lagonaires durables

INTEGRE a soutenu les projets suivants :

  • Appui à la mise en place d'un réseau de "rahuis" en concertation avec les acteurs.
  • Développement de techniques d'élevage aquacoles à bas coûts à des fins de commercialisation et de réensemencement.
  • Harmonisation des réseaux de suivi de l’environnement dans le cadre d’une démarche participative.

Montant prévisionnel : 52 Mxpf / 435 000 €

Opérateurs : Service de la culture et du patrimoine, CRIOBE, communes / Coopérative des aquaculteurs de la Polynésie française / Direction des ressources marines et minières

Pour plus de détails, consulter les fiches activités :

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Synthèse des activités prévues sur le site :

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Le projet INTEGRE a poursuivi les objectifs suivants :

  • Accompagner un développement économique durable, notamment en matière de tourisme
  • Participer à la maîtrise des menaces d’origines anthropiques
  • Dynamiser le processus de gestion participative et mobiliser plus efficacement les acteurs locaux
  • Contribuer à la gestion durable et intégrée des ressources naturelles et culturelles.

Sur le site de la presqu'île de Tahiti, le bilan des activités est le suivant : 

- PF – C2T1 : Diminution de l'impact des pressions anthropiques sur l'environnement du site

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Une des actions relatives à la conception de systèmes d’épuration des eaux issues des bassins de crevettes, portée par la Direction de l’Environnement et validée dans le cadre de cette activité, a été annulée. Un budget de 33.500€ avait été initialement alloué. A la suite d’un changement de direction à l’environnement, la nouvelle équipe n’a pas jugé opportun de réaliser cette activité qui impliquait un partenaire privé. Les fonds ont donc été réalloués.

S’agissant des actions réalisées, il est intéressant de noter que l’association BioMarama peut être assimilée à une CUMA (Coopérative d’Utilisation de Matériel Agricole) même si elle n’est pas enregistrée en Polynésie française sous cette forme. L’utilisation partagée de matériel agricole est encore peu développée dans le Pays, malgré l’existence de ce type de coopérative dans la loi polynésienne. Elle permet pourtant de pouvoir acquérir des équipements difficiles à amortir à l’échelle d’une seule exploitation. Le fonctionnement établi par l’association BioMarama peut proposer un exemple intéressant pour des exploitants souhaitant mutualiser les coûts d’équipements agricoles.

Concernant l’activité non finalisée de l’association Te Ao Uri, il s’agit là des risques inhérents à la mise en œuvre d’un projet participatif. Il était difficile d’anticiper les tensions qui ont émergées au sein de l’association qui avait été accompagnée par le Service de la Culture et du Patrimoine. En début de projet INTEGRE, alors que la plupart des activités proposées concernaient la commune de Taiarapu-Ouest, une proposition d’activité de l’association Te Ao Uri, issue de la 2è commune du site, Taiarapu-Est, avait été jugée intéressante pour que les bénéfices du projet puissent être répartis plus équitablement.

Pour plus de détails, consulter la fiche de synthèse

- PF – C2T2 : Appui à la mise en place et au fonctionnement des aires de gestion des ressources naturelles et culturelles

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L’étude sur la valorisation de la vallée de l’Aoma donne lieu actuellement à des travaux d’aménagement d’une zone de loisirs près de la partie basse de la rivière. Ces travaux, mis en œuvre par la Direction de l’Environnement, sont financés par le Ministère français de l’Ecologie.

Ils vont donner lieu à la construction d’une aire de repos où seront installés des panneaux d’informations sur l’écologie de la rivière. Un accès à la rivière permettra d’observer des anguilles, faune emblématique des rivières polynésiennes. Ces financements n’ont cependant pas permis d’aménager un sentier d’accès à la cascade présente dans la vallée en raisons du statut foncier des terrains traversés. Le Pays ne peut en effet réaliser d’aménagements sur du foncier privé. Il revient à la commune de négocier des conventions de passage avec les propriétaires et de réaliser des aménagements en fonds propres. Grâce aux études réalisées, les communes et acteurs concernés ont toutes les cartes en mains pour développer ces projets de sentiers et créer une activité économique.

Pour plus de détails, consulter la fiche de synthèse

- PF – C2T3 : Contribution au développement durable du site

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Au-delà de la mise en place concrète de 3 « rahui », le projet porté par l’Institut des Récifs Coralliens du Pacifique a permis de sensibiliser les élus et acteurs locaux aux problématiques environnementales et les administrations impliquées, particulièrement la Direction des Ressources Marines, à la dimension socio-culturelle de la gestion des ressources et du développement économique. L’alchimie entre sciences et culture a parfaitement fonctionné. Le facteur de cette réussite réside incontestablement dans le choix de l’équipe menée par un anthropologue polynésien originaire du site, lui-même appuyé par un centre de recherches pluridisciplinaire, le CRIOBE. Cette même équipe avait déjà été impliquée dans la mise en place du « rahui » de Teahupoo, perçue comme un succès par la population, et avait déjà tissé des liens de confiance et de respect avec les acteurs du site.

Les travaux sur la maîtrise de l’élevage de Marava doivent se poursuivre même si les avancées réalisées au cours du projet sont très significatives. Si la technique est maîtrisée, les coûts doivent encore être réduits, notamment grâce à la production d’un aliment local. Concernant la phase de réensemencement, les impacts écologiques, mais aussi sociaux du 1er relâché indiquent que le Marava est un excellent candidat pour réaliser des campagnes de réensemencements marins, elle est très appréciée des pêcheurs mais en forte baisse dans les lagons, ce qui facilite leur mobilisation pour participer au réensemencement. A la suite du relâché, d’autres communes associées ont manifesté leur intérêt pour mettre en place un relâché de Marava d’élevage en association avec la présence, voire la mise en place de zones marines protégées. Ce projet a ainsi mis en évidence la forte demande pour de telles opérations de réensemencement ainsi que le potentiel de cette espèce sur les plans techniques et socio-culturels.

Pour plus de détails, consulter la fiche de synthèse

Initiatives des Territoires pour la Gestion Régionales de l’Environnement

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