La presqu'île de Tahiti

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La presqu'île de Tahiti est composée de deux communes, Taiarapu-Est et Tairapu-Ouest et 6 communes associées qui s'étendent sur une superficie de 320 km². Elle abrite un total de 18 545 habitants. Le mont Roniu est son point culminant à 1 332 m. L'isthme de Taravao qui délimite la presqu'île du reste de Tahiti fait face au plateau de Taravao, vaste étendue agricole présentant un climat frais et une flore de montagne.

L'urbanisation décroît en allant vers l'est ; et à 20km de Taravao, sur chaque côte, débute une zone plus sauvage, le « fenua aihere », accessible essentiellement par voie maritime, et en partie par un petit chemin non goudronné.

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Description écologique :

Au niveau marin, Taiarapu présente en premier lieu les caractéristiques classiques de lagons d'îles hautes avec des récifs barrière et des récifs frangeants bien développés. Plusieurs habitats en font cependant un site riche et varié : la présence de hauts fonds (au nord de Taravao et au Pari) et la présence de lagunes d'eaux saumâtres à proximité de l'isthme de Taravao. Par ailleurs, la presqu'île est un des rares endroits de Polynésie où l'on trouve des gorgones. Au-delà du « fenua aihere », et au-delà de la zone lagonaire, se situe le Pari à l'extrême Est qui est un site de paysage naturel protégé, classé depuis 1964. Il abrite également un patrimoine culturel et archéologique extrêmement bien conservé. En dehors du Pari, deux monuments naturels (classe III) faisant également partie du patrimoine culturel polynésien sont classés à Taiarapu : la cascade du Vahi et la grotte de Vaipoiri.

Description socio-économique:

Actuellement, les pôles d'activité de Tahiti sont divers : centrée autour d'une agriculture importante comprenant notamment le plateau de Taravao (élevages de poules pondeuses et de vaches laitières, producteur d'aliments pour animaux) et les plaines de Tautira et Teahupoo, la presqu'île de Tahiti est également le lieu de développement des premiers projets aquacoles, avec le centre Ifremer de Tahiti basé à Vairao depuis 40 ans, et depuis l'an dernier, le Centre Technique Aquacole (CTA) VAIA du pays au sein du même pôle aquacole. La presqu'île bénéficie par ailleurs d'une récente zone industrielle au port de Taravao. En outre, le tourisme familial y est très développé grâce à la présence de nombreux sites de randonnée, de plongée, mais aussi de surf, et notamment la vague mythique de Teahupoo.

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Analyse AFOM du Site de Taiarapu – Polynésie française

Atouts :

-     Richesse naturelle (lagon, Fenua Aihere, rivières

-     Richesse culturelle

-     Terres fertiles

-     Bonne connaissance culturelle et environnementale du site

-     Réglementation des usages terrestres (PGA) en cours de finalisation

-     Reconnaissance des pratiques traditionnelles par la réglementation, création d’un « rahui »

-     Associations présentes et bien organisées importante (environnement et culture)

-     Bonne synergie public/privé

-     Demande forte de la population pour une réglementation

-     Éloignement de la ville

-     Agglomération clairsemée

-     Population orientée vers le secteur primaire

-     Accessibilité réduite du Fenua Aihere

-     Population jeune et dynamique

-     Potentiel touristique (randonnées)

-     Diversité des activités économiques

-     Présence de l’IFREMER, du Centre Technique Aquacole

-     Présence de l’agriculture biologique

-     Présence d’organismes de formation

-     Vaste étendue marine valorisable

-     Présence de sites emblématiques (la vague de Teahupoo)

Faiblesses :

-   Manque de financement

-   Manque de ressources humaines dans les instances publiques

-   Réseaux de suivis environnementaux non coordonnés

-   Déséquilibre de développement entre l’Est et l’Ouest

-   Activités agricoles et aquacoles impactantes pour le lagon

-   Zones de pêches conflictuelles

-   Développement de l’urbanisation

-   Traitement des déchets sur le Fenua Aihere

-   Développement économique insuffisant/ Manque de travail

-   Ecoulement des produits maraîchers et de pêche

-   Eloignement des centres urbains/accès limité (peu de routes)

-   Manque de concertation au niveau de communes et de la Presqu’île

-   Pas assez de valorisation des sites culturels

-   Insécurité du sentier du Te Pari

-   Application de la réglementation sur la pêche, code de l’environnement

-   Appauvrissement des ressources lagonaires

-   Peu d’études scientifiques

Opportunité :

-     INTEGRE (formation des populations à la gestion des ressources, échanges possibles avec d’autres sites/pays)

-     Développement touristique par le surf

-     Elections municipales (changement d’équipe, nouvelle dynamique)

-     Présence d’un « rahui » pour des projets de réensemencement

Menaces 

-   Ouverture d’un accès routier au Fenua Aihere

-   Développement touristique (déchets, pollution visuelle, appauvrissement des ressources)

-   Election municipales (possibilité d’arrêt de dynamiques existantes)

-   Pêche abondante

-   Développement de Taramea car plus de prédateurs

-   Problèmes de gouvernance entre communes et pays

-   Pression démographique

-   Pollution (déchets) sur terre et en mer

-   Urbanisation du littoral

-   Assainissement individuel

L'enjeu principal retenu dans le cadre d'INTEGRE pour ce site est le développement durable des usages lagonaires qui implique notamment :
• Une bonne maîtrise des pollutions terrigènes en amont et notamment celles liées aux activités agricoles et aquacoles
• Le développement d'activités économiques durable sur la zone lagonaire
• La mise en place de mesures de gestion des ressources naturelles et culturelles et d'une gouvernance adaptée à l'échelle du site

Actions validées sur le site :

  • Diminuer l'impact des pressions anthropiques sur l'environnement

1. Mettre en place les outils pour développer l'agriculture biologique et contribuer à la bonne gestion des résidus issus de l'agriculture : création d'une zone de compostage collective pour les agriculteurs bio de la Presqu'île ; élaboration de recettes de fertilisation (Association BioMarama)
2. Concevoir des systèmes d'épuration pour les bassins de crevettes (Société AQUAPAC)
3. Entreprendre le nettoyage écologique du littoral de Tautira par les jeunes : sensibilisation, débroussaillage, recyclage du bois (Association Te Ao Uri Community)

  • Appuyer la mise en place et le fonctionnement d'aires de gestion naturelles et culturelles

1. Accompagner la mise en place et de la gestion effective de l'aire protégée de ressources naturelles gérées (rahui) sise au Fenua Aihere dans la commune associée de Teahupoo : balisage de l'aire protégée et mise en place d'une signalétique de sensibilisation (Direction de l'Environnement).
2. Gérer la fréquentation de la rivière Aoma : réalisation d'un diagnostic de la rivière, aménagement d'un sentier, mise en place d'une signalétique, formation de guides, sensibilisation auprès des écoles (Commune de Toahotu).
3. Protéger et valoriser des sites archéologiques et ethnologiques du côté terre de la zone Rahui de Maraetiria à Faaroa sise au « fenua aihere » dans la commune associée de Teahupoo : réalisation de prospections archéologiques et ethnobotaniques, formation d'un groupe d'adolescents à la sensibilisation et initiation au patrimoine culturel et environnemental (Service de la Culture et du Patrimoine).

  • Contribuer au développement durable du site

Appuyer le développement d'un réseau de rahui à Taiarapu : réalisation d'un diagnostic participatif et d'un plan de gestion intégrée (CRIOBE, Service de la Culture et du Patrimoine).

Les conventions de mise en œuvre des actions sont en cours de signature avec les partenaires suivants : les associations Te Ao Uri Community et BioMarama, le Service de la Culture et du Patrimoine et la Direction de l’Environnement, le CRIOBE et la société AQUAPAC.

De nouvelles activités sont en préparation, notamment la mise en place d’un réseau intégré de suivi de l’environnement à l’échelle du site et le développement d’un projet d’aquaculture familial et de réensemencement du lagon. Elles doivent être présentées et validées lors d’un prochain comité local qui se déroulera début décembre.

initiative des territoires du pacifique sud pour la gestion régionale de l’environnement

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